Ouvert depuis le 8 novembre 2025, le bar-tabac CRC est devenu depuis un véritable lieu de vie sociale tel que la commune de Chazelles n’en avait pas connu depuis bien longtemps.

La fête promet d’être enjouée et de fédérer au-delà des clichés : le CRC, qui doit une grande part de sa réussite à la personnalité de ses co-gérants, Anne Chiron et son fils Matthieu Rivet, attire en effet une clientèle large et diversifiée.
Comme à l’époque chez Dédé Cardonne, il y a certes bien deux ou trois habitués, « mais nous avons également beaucoup de mamans qui viennent à la sortie de l’école pour un petit chocolat avec leurs enfants, des mamies qui viennent ensemble prendre le thé comme un rituel, des tandems mère-fille, père-fils qui viennent boire un diabolo », illustre Anne Chiron. Bref, beaucoup de moments sans alcool où le lien et l’échange entre les gens l’emportent. Et où les enfants gambadent avec les chiens, les deux étant naturellement les bienvenus, et au-delà, co-substantiels à son âme!
Des gens du coin se sont retrouvés grâce au bar!
Ce qui est d’ailleurs frappant pour le Chazellois non habitué des bars, c’est de voir comment plusieurs groupes autrefois séparés se mélangent voire fusionnent au sein de ce petit établissement où « il n’est pas rare que des gens qui sortent reviennent aussitôt et restent encore un peu reprendre un verre, et systématique le soir qu’on doive rappeler qu’on s’apprête à fermer ».
À l’occasion, on peut même y surprendre un Jean-Marc Brouillet se piquer de démocratie participative en expliquant patiemment par A+B un dossier compliqué à un administré faisant semblant de ne pas vouloir comprendre ! Et les deux s’en rejetteront un petit à l’issue du dialogue de sourds.
« Des gens nous ont même remerciés d’avoir pu retrouver des connaissances qu’ils n’avaient pas vues depuis longtemps. Alors qu’ils habitaient tous dans le coin, mais qu’ils s’étaient perdus de vue, ils ont ainsi renoué grâce au bar ! » ajoute Matthieu Rivet, pas peu satisfait de la chose.
Une gérante spontanée, un co-gérant symbiotique
Socialement, l’objectif est donc atteint à l’issue de cette première année. Économiquement, c’est autre chose. Si les gérants n’ont pas encore clôturé leur premier bilan et naviguent donc encore un peu à vue, la première année a présenté toutes les caractéristiques d’un démarrage: rentrées d’argent progressives et de l’autre côté des sorties stimulées par la nécessité d’investir (terrasse, parasol, climatiseur, congélateur, compteur d’eau à réparer, etc.).
Pas de quoi effrayer une fille de militaire qui a derrière elle déjà plusieurs vies d’entrepreneuse : « Face aux problèmes, la vie c’est toujours plus simple en souriant », souligne Anne Chiron, personnalité hyperactive et pétillante pour qui « le positif attire le positif ».
Celle qui revendique « aimer spontanément les gens » connaît aussi quelques ficelles de base -« je ne parle jamais ni politique ni éducation »- et est très contente du résultat humain de son établissement, « cette clientèle super avec un petit groupe d’habitués très sympa ».
Appy, la mascotte à 4 pattes
Le succès tient aussi à une symbiose certaine, derrière bar et comptoir, entre Anne Chiron, son fils Matthieu Rivet et son chien Appy.

« C’est très fort de complicité avec Matthieu. Nous n’avons pas besoin de nous parler et je pense que je ne me serais jamais associée dans une affaire avec quiconque autre que lui. Quant à Appy, il donne beaucoup de sens à plein de choses dans ce tabac. Certains clients ne m’auraient jamais parlé sans Appy. Je pense notamment à certaines personnes âgées. Il y a même des clients qui ne viennent que pour lui: ils entrent, demandent où il est et repartent en disant qu’ils repasseront s’il n’est pas là ! » rigole la gérante, qui avait récupéré le canidé à l’âge de 3 mois chez une éleveuse de Torsac uniquement après avoir eu confirmation que son projet de bar se concrétiserait.
Bref, un an après avoir essuyé une tentative de cambriolage dès le soir de son ouverture, le CRC a fait son trou, et invite tous ses clients et non-clients à venir fêter cette première année d’activité le 7 novembre de 17 à 21 heures ! « La greffe a pris. Nous sommes là pour au moins 3 ans (durée d’un bail commercial) » sourit Anne Chiron qui fêtera son 50e anniversaire le lendemain des agapes. Avec quelques clients du bar parmi ses invités.
Collaborations régulières avec La Flambée

Un des traits de la personnalité particulière d’Anne Chiron est que tout le monde semble l’aimer et qu’elle semble aimer tout le monde. Il en va ainsi avec l’ensemble des autres commerçants de Chazelles, avec qui les relations sont au beau fixe. Dans une commune réputée d’abord difficile, la gérante du bar-tabac s’est ainsi montrée particulièrement investie dans des actions commerciales transversales : non contente d’organiser seule un cochon à la broche le 14 juillet, elle a ainsi également participé au brin d’aillet du 1er mai (une institution locale) et à la frairie des forains. Mais c’est avec le restaurant La Flambée que les collaborations ont été le plus poussées, avec l’organisation à 100% en commun de la fête de la musique (repas-concert de jazz manouche) et un repas de paëlla espagnole le 18 août. « Emeric était au fourneau, Matthieu au bar et les deux filles au service. Nous avons à chaque fois fait carton plein et on renouvellera sûrement l’opération le 21 juin prochain ».
Un absent toujours là
Parce que l’intégration et la cohésion sociales se font aussi à travers des moments douloureux, Anne Chiron et Matthieu Rivet gardent comme plus triste souvenir de cette première année d’exploitation le départ de Pascal Gireau. Celui qui avait perdu son épouse quelques mois avant de disparaître à son tour était en effet depuis un client régulier du CRC. « C’était une mascotte ici et son départ nous a profondément impactés » résume Matthieu Rivet. « Je garde un vrai goût amer de la mort de Pascal. J’ai ses écouteurs derrière le bar, que ses filles m’ont ramenés après sa mort. Je marche régulièrement avec Appy du côté de sa truffière. Nous partagions beaucoup de choses, comme par exemple le rugby, et ça nous fait un manque régulier » ajoute Anne Chiron.