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Clefs transfigurées à découvrir à la gare

L’association La G’Art invite au vernissage le 1er juillet de sa nouvelle exposition « Autour de la clef », déployant les œuvres de la sculptrice Christine Gravé, artiste néo-Chazelloise arrivée mi-novembre d’Ile-de-France.

Du 1er au 10 juillet, ce sera la première exposition de l’association depuis le décès de sa fondatrice Patricia Dericoux, partie le 1er mai. « C’est elle qui depuis septembre dernier avait monté l’exposition avec l’artiste. Un court hommage de 3 à 4 minutes lui sera dédié en début de vernissage » signale sobrement Nathalie Caubet, sa veuve, qui a décidé non seulement de perpétuer l’association de son épouse (lire encadré), mais qui a annoncé en outre aux Chazellois, dans le sillage du décès, deux legs dont celui de la gare (lire encadré).

L’exposition présentera statuaire et peintures, représentant toutes les périodes artistiques de Christine Gravé. La créatrice qui a déjà vécu plusieurs phases de sa vie d’artiste, en ouvre une nouvelle depuis qu’elle s’est installée à Chazelles, mais présentera lors de cette exposition essentiellement des œuvres issues de son cycle de travail autour des vieilles clefs (2012-2016), qu’elle transfigure en une armada de petits personnages d’une expressivité surprenante quand on voit que le plus souvent leur face n’est que vide lunaire de poignée de clef !

Une réussite qui fonctionne par le reste du corps des personnages et leurs postures cavalières en d’hétéroclites environnements. « Travailler les clés, c’est assez magique : voilà un objet chargé d’histoire, qu’on réinvente, avec qui on réinvente des histoires » narre l’artiste, qui a puisé dans son histoire familiale pour façonner de « petits personnages » et une « petite civilisation ». « Je sors souvent des choses sur le monde ouvrier de mon enfance, donc c’est souvent des hommes qui expriment à la fois la dureté, celle du travail, mais dans la poésie ».

L’exposition à la gare a permis au passage de mener un travail avec la classe de CM1 de Mme Brégeon, dont les élèves ont mis les mains dans la terre en valorisant de vieilles clés tirées des familles… « Le but avec les enfants c’était qu’ils puissent s’évader, s’échapper de la normalité par rapport à la clef… Qu’ils puissent réaliser des créations, qu’ils s’échappent, qu’ils oublient que c’est une clé, pour partir de créations à eux ».

L’artiste Christine Gravé (debout au fond les mains dans la glaise) a travaillé la thématique des clefs avec la classe de CM1 de Mme Brégeon (au premier plan).

Saison 2022 jusqu’à mi-septembre

L’association projette d’ores et déjà la suite des réjouissances. Cela passera ainsi par un concert de Lisa Jazz Trio le 15 juillet (20 heures, entrée 5 euros) : « Un merveilleux moment de musique qui rapproche des origines du jazz. Sa chanteuse à la voix suave vous transportera dans un voyage à travers les standards de jazz » avait résumé Patricia Dericoux sur le flyer. Une soirée à l’ambition claire : « Celle d’amener le jazz au plus près des spectateurs et s’amuser de cette merveilleuse musique si facile à écouter » tease Nathalie Caubet.

Promues localement par l’élue Christelle Delcamp, les Journées du patrimoine les 17 et 18 septembre seront ensuite l’occasion d’approfondir le travail de l’an dernier avec une version complétée de l’exposition sur la gare de Chazelles, sa construction, son histoire, ses différentes périodes…

Puis le 19 novembre, le Duo Andréa (violon et contrebasse), constitué de Frantz et Cécile Wiener, des amis de Patricia artistes de renommée nationale, donneront un concert au sein de l’église Saint-André (20 heures, 5 euros), qui clôturera la saison.

La saison 2023 quant à elle, sera lancée le 30 avril de l’année prochaine avec un thé dansant sur la musique de l’accordéoniste soliste Vincent Lhermet, un des plus célèbres élèves de Patricia, connu pour ses interprétations pleines de spleen et courant les concerts dans le monde entier, et à qui elle enseigna l’accordéon dès l’âge de 10 ans.

Pratique
Exposition « Autour de la clef »

Visible à La Gare du 1er au 10 juillet les samedis et dimanches de 15 à 18 heures (en présence de l’artiste le second week-end), ou sur rendez-vous préalable en dehors de ces plages. Vernissage le 1er juillet à 18 heures.
Contact : 0.669.314.212.
Contact artiste : 06.51.02.20.43
www.christinegrave.com

Réorganisée, « La G’art » continue

Nathalie Caubet succède à son épouse à la présidence de l’association La G’Art, Christine Gravé la remplace au poste de trésorière, tandis qu’Agnès Ibar passe de secrétaire adjointe à secrétaire, inversant son rôle avec celui d’Hélène Dian en même temps qu’elle prend les choses en main. « Sans Agnès, il n’y aurait pas eu de programmation cette année. Elle avait travaillé 3 à 4 mois avec Patricia et a su faire une force motrice de tout ce qu’elle lui a transmis. La G’Art lui doit tout aujourd’hui » appuie la présidente. C’est aussi elle qui est intervenue au bon moment pour maintenir l’ambition artistique initiale de Patricia Dericoux, à un moment où, prise par son deuil, Nathalie Caubet avait envisagé l’idée d’un réorientation vers des spectacles d’expression plus populaire. Le bureau peut en outre compter sur le talent de photographe de Chantal Ruffini.

Legs de la gare au Département

On était encore en plein dans l’émotion des funérailles quand Nathalie Caubet a lâché l’information au petit carré de proches l’ayant entouré dans l’épreuve : les deux femmes avaient rédigé un testament devant notaire, organisant le legs à terme de la Gare de Chazelles au conseil départemental. « Nous avions acheté la gare à 50/50. D’un commun accord, nous ne voulions pas que la maison passe dans nos héritages. Tout comme nous voulions qu’elle reste un lieu de culture. Nous avons donc signé un legs : la première des nous deux qui survivait à l’autre conservait l’usufruit de la gare de son vivant -situation dans laquelle je me retrouve aujourd’hui- et à son propre décès, la gare sera transmise au Département, avec pour seule contrainte de la maintenir en objet d’expression culturelle ».

Demain une « Maison Patricia Dericoux » ? Soucieuse de pérenniser la gare de Chazelles en tant qu’objet culturel, la fondatrice de l’association La G’Art avait imaginé avant son décès un montage faisant tomber, à la disparition de sa veuve, le site dans l’escarcelle du conseil départemental.

Et la surprise ne s’est pas arrêté là ! Alors que Nathalie Caubet avait souscrit des assurances-vie au bénéfice de son épouse : « Nous avions évoqué l’hypothèse où elle partirait en premier, et sa volonté a alors été que ces fonds lui étant initialement destinés, aillent à la maison médicale et à la commune de Chazelles, qui devra l’utiliser sur des objets sociaux (CCAS, aînés, écoles…). Une coquette somme qui devrait permettre à la maison de santé de s’équiper en matériel médical de pointe. « Tant que je suis vivante, je ne touche rien au contrat » promet Nathalie Caubet. Dont le décès déclencherait donc automatiquement l’expression de la générosité des deux femmes, à l’adresse des Chazellois et des Charentais.

Par Niels Goumy

Journaliste et éditeur de presse, Chazellois depuis 2005.

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