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Une résidence pour associer gastronomique et artistique

Tout juste créée à la gare, l’association « La G’Art » vise à promouvoir les artisans de bouche locaux à travers le prisme de la culture et des arts.

Elle ne se départit guère de la réserve dévolue aux fonctionnaires territoriaux : la néo-Chazelloise Patricia Dericoux, 62 ans, est directrice des Affaires culturelles à la Ville du Plessis-Pâté, fonction qu’elle cumule avec celle de directrice de l’école de musique et de danse de l’Agglomération Coeur d’Essonne. Elle sera en retraite le 1er janvier 2021, et solde actuellement les congés qui lui restaient à prendre.

A peine installée à Chazelles, Patricia Dericoux a créé l’association « La G’Art », dont l’objet social vise à associer plaisirs gustatifs et arts, en valorisant des producteurs de bouche du terroir local au travers l’organisation de soirées culturelles, de conférences sur les arts, d’après-midis musicales, littéraires, etc. « L’idée est de valoriser ce lieu unique et chargé de l’histoire locale de la pierre, de marier le gastronomique et l’artistique » résume Patricia Dericoux.

La gare étant par définition accolée à la Coulée d’Oc, elle compte bien utiliser la fréquentation de la voie verte pour amorcer la pompe : « Le projet comporte plusieurs éléments, dont celui d’un café solidaire ouvert le week-end en bord de piste cyclable, où les gens pourraient s’asseoir, discuter, prendre un verre à tarif libre. Nous misons par ailleurs sur une résidence d’artistes, où viendraient musiciens, auteurs, peintres, plasticiens, sculpteurs, etc. » prévient celle qui compte bien mettre à contribution son réseau personnel, et qui a déjà imaginé la création d’un « espace musical » et d’un « espace littéraire » au sein de la gare, dont il s’agira au passage de valoriser les équipements et documents d’époque, transmis avec la maison.

Par ailleurs, comme l’idée est que « les événements restent d’accès gratuit » (sans s’interdire ponctuellement la pratique du chapeau à destination des artistes), une activité de chambres chez l’habitant sera développée, censée devenir la principale source de revenus du projet : 3 chambres seront ainsi réservables à compter de cet hiver.

« La première journée sera ouverte à tous les Chazellois » assure celle qui n’a pas attendu pour frayer localement. Et si la crise sanitaire fait l’effet d’une petite douche froide, en repoussant vraisemblablement le démarrage au printemps, « il faut absolument refaire vivre ce lieu, l’ouvrir aux gens, aux écoles… » s’enthousiasme Patricia Dericoux.

Le bruit des trains l’insupporte !

« Il était inenvisageable pour moi de passer ma retraite en région parisienne ». Même si Le Plessis-Pâté, avec seulement 4.000 habitants et 60% de terres agricoles, se trouve en lisière de l’aire urbaine métropolitaine, l’époque a incité Patricia à prendre le large en province, « pour ses valeurs, pour ses gens, pour la sécurité, le calme » explique celle qui se revendique « d’une famille terrienne ». De par son histoire, le point de chute eût pu être en Indre-et-Loire ou en Sarthe, mais ce fût finalement la Charente, où son épouse Nathalie a été mutée. « Nous cherchions un lieu atypique, avec de l’histoire et de la culture : un moulin, un château d’eau… Nous visions une commune de moins de 5.000 âmes avec des commerces » détaille Patricia qui visita à Roullet, à Mosnac et plusieurs demeures chazelloises… Avant un coup de foudre pour la gare de Chazelles, rachetée en octobre à l’ancienne conseillère municipale Annette Charrier, partie vivre à Villejoubert. Un clin d’oeil du destin pour celle qui « ne supportait absolument plus le bruit des trains » après avoir vécu en bordure de voie ferrée depuis l’âge de 10 ans !

Par Niels Goumy

Journaliste et éditeur de presse, Chazellois depuis 2005.

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