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Une maison pour mieux soigner

La maison de santé de Chazelles a été inaugurée samedi. Elle doit permettre de requalifier l’offre de soins en zone rurale.

La communauté de communes Bandiat-Tardoire a mis les petits plats dans les grands samedi après-midi, recevant le préfet venu inaugurer la maison de santé « Céline Delmotte », en présence de près de 300 Chazellois.

Le nouveau cabinet médical qui ouvrira le 9 janvier avec 11 professionnels (1) s’inscrit dans un réseau de maisons de santé communautaires et devrait non seulement pérenniser l’offre de soins primaires en milieu rural, mais lui apporter un supplément qualitatif.

Soignants recentrés sur le soin

Tout d’abord parce qu’une maison de santé apporte une sérénité indéniable aux médecins et professionnels de santé. « Cela permet tout simplement de concilier projet de vie et projet professionnel » résume Christine Paulien, médecin libéral à Chazelles depuis 25 ans et cheville ouvrière du projet. Elle fait remarquer que les deux consoeurs qui s’installent à ses côtés -précédemment médecin remplaçant et médecin militaire en retraite, toutes deux mères de 3 enfants- ne le font « que parce que les conditions d’exercice offertes ici rendent possible un mi-temps ».

L’union fait la force en quelque sorte, et le fait de ne pas avoir à gérer la question immobilière (réduit à un simple loyer mensuel), mais aussi de pouvoir mutualiser son secrétariat, permet en outre de se focaliser sur sa mission de soignant, en étant moins accaparé par celle de chef d’entreprise.

Au-delà du principe qu’un soignant serein et entouré soigne mieux qu’un stressé et isolé, la maison de santé devrait entraîner aussi, très directement, une évolution positive des pratiques médicales. Comme le résumait dans son discours Noël Martin, médecin à Montbron depuis 35 ans et « éminence grise » du projet, « ce n’est pas la juxtaposition de compétences qui est importante mais la coopération au service du patient ».

Gros gain de temps

Pour lui la maison médicale sera un vrai plus pour tous les patients polypathologiques, dont relèvent souvent les seniors, nombreux en zone rurale, et qui n’auront plus à courir en différents lieux.

Plus avant, « la permanence des soins sera assurée de 8 à 20 heures, l’accessibilité est totale et aux normes, les infirmières pourront se réunir et échanger sur les patients qu’elles voient à domicile, le suivi des pansements sera facilité par la proximité permanente avec les médecins… » liste le médecin. Ce que confirment les infirmières chazelloises qui ajoutent que le patient bénéficiera d’une meilleure confidentialité, de plus de confort en salle d’attente, insistant effectivement sur le surcroît d’échanges interprofessionnels comme principal apport de la maison de santé pour la patientèle.

(1) : Trois médecins, trois infirmières, une infirmière de prévention, une psychologue, une diététicienne, une ostéopathe, un kinésithérapeute. Une podologue pourrait suivre.

Réponse pertinente à la désertification

« La maison médicale devrait à terme attirer d’autres médecins, et notamment intéresser des jeunes » espère Christine Paulien, qui rappelle que le secteur médical local « compte 8 à 10.000 habitants (sur 9 communes) pour 8 médecins : trois ensemble à Chazelles et les 5 autres en cabinets isolés ». Des conditions d’exercice de plus en plus difficiles. Sachant que le plus jeune des praticiens a 57 ans, la médecin chazelloise est persuadée que les maisons de santé communautaires de Dignac, Montbron, La Rochefoucauld et Ruelle vont éviter une aggravation sévère de la désertification médicale ces prochaines années. « Une maison médicale, c’est aussi être plus attractif pour les stagiaires, en améliorant leur accueil. Or, les cabinets qui marchent et se développent en Charente sont ceux qui reçoivent des stagiaires ».

Par Niels Goumy

Journaliste et éditeur de presse, Chazellois depuis 2005.

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