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L’arboriste se mue en herboriste

Marc Buergo déploie une activité de culture d’herbes médicinales et aromatiques. Une reconversion contrainte mais pleine de sens pour cet arboriste-élagueur.

L’arboriste se distingue de l’arboriculteur par l’absence de finalité de production dans sa démarche de soin et d’entretien des arbres. Installé à Rochepine sur les bords du Bandiat, Marc Buergo colle tout à fait à la nuance : « Mon activité s’inscrit dans une éthique de l’élagage, c’est à dire dans le respect du végétal. Si on me demande de venir étêter un arbre et que l’opération est impossible sans compromettre la santé de l’arbre, je ne le ferai pas » confie-t-il.

A 48 ans et touché depuis 6 ans par une polyarthrite rhumatoïde, maladie typique du grimpeur-élagueur, Marc a beau être tout entier à sa passion des arbres, il est lucide sur la pérennité d’une telle activité. Depuis 2 ans, il développe donc son projet de reconversion, « qui me permet de rester dans le végétal » : l’entreprise « Jardin Ma Nouvelle Vie ».

Après une première saison de culture de menthe, camomille et millepertuis, menée de chez lui sur 3.000m2 en bord de rivière, la première récolte le surprend positivement, avec 25kg de plantes séchées « à 100% fleurs ». « J’obtiens mes premiers sachets de plantes séchées en mars. Je partage et je montre et les premiers retours sont bons » explique Marc qui avait préalablement fabriqué son propre séchoir, lui permettant de conserver propriétés et couleurs aux plantes.

Encouragé par cette première saison, Marc achève désormais l’installation de carrés de cultures sur une parcelle de 2ha, toujours en bordure de Bandiat mais de l’autre côté de Chazelles, sur le chemin entre l’Echelle et les ateliers municipaux. Le projet est visible, à l’image de la haie plantée tout autour de la parcelle. Le projet se faisant naturellement en bio, le cultivateur a mis 15 m entre les champs voisins et la haie, et encore 15m entre la haie et les premiers carrés.

Diversification

Dans ce champ, la plantation 2020 de plantes à tisane s’est élargie à trois nouvelles variétés : la mauve de Mauritanie, le calendula et la mélisse. « J’ai également agrandi le jardin avec romarin, helichryse (immortelle italienne), verveine, sauge et lavande, où je vise la diversité plutôt que les volumes ». Ayant renoncé à passer par des grossistes, filière non rémunératrice à son échelle, Marc Buergo vise les circuits courts.

Il a développé une gamme de 4 tisanes : « Zen » (apaisante), « Atchoum » (respiratoire), « Dégonfle » (digestive) et « Mille et une Nuits » (avant d’aller dormir). Une centaine de sachets ont déjà trouvé preneurs, soit un tiers de la production. De nouvelles références sont en préparation pour l’automne, ainsi que des sirops (menthe et sureau). Des huiles de macération florale, des baumes et onguents et des tampons de camomille pour le visage sont également en cours de prototypage.

Celui qui est également cueilleur itinérant -il cueille des plantes sauvages dans la nature avec l’accord des propriétaires et sous contrôle administratif- mise sur 40kg tout compris de sommités séchées cette année.

Contact
Marc Buergo 06.17.60.21.71.
Facebook : Jardin Ma Nouvelle Vie

Bien enraciné

S’il n’est pas né à Chazelles, Marc Buergo est Charentais, habite ici depuis 15 ans et son projet s’inscrit fortement dans des dynamiques locales. Du propriétaire du terrain André Tamisier (qu’il connaît et apprécie de longue date), au dessinateur de BD Afif Khaled (qui a dessiné le logo de Jardin Ma Nouvelle Vie), en passant par l’épicerie Bousseton (premier commerce à référencer la gamme de tisanes), ou encore le restaurant Jeux Me Régale (qui pourrait un jour agrémenter ses pizzas d’origan chazellois). D’ici cet automne, et fort d’une précédente expérience de guide sylvestre, Marc pense à ériger un tipi végétal central en vue d’accueillir les locaux pour des visites pédagogiques et de « l’écoute de plantes ». Tandis qu’à moyen terme, il pense déjà à proposer aux écoles un partenariat qui verrait les enfants planter et gérer leurs simples.

Par Niels Goumy

Journaliste et éditeur de presse, Chazellois depuis 2005.

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