Ex-pilote professionnel de paramoteur, leader durant 10 ans de l’équipe de France, formateur et coach, le plus chazellois des champions du monde vient de lancer son activité de cordiste.

Tel qu’en lui-même, toujours il change: après avoir été mécanicien moto, dirigeant de boutique moto, paramotoriste professionnel, champion de France (2011) puis du monde (2012), formateur, coach, team leader de l’équipe de France, formateur AIPR pour les métiers du BTP (référentiel permettant de travailler à proximité des réseaux électriques…), le Ruellois Pascal Vallée s’est vu proposer il y a un an et demi de devenir formateur sur le segment des travaux en hauteur, pour apprendre aux cordistes professionnels à gérer leurs risques spécifiques…
Déjà extrêmement carré sur les notions de sécurité, comme sur les notions de hauteur, le futur formateur de cordistes s’est donc initié aux spécificités de cette nouvelle discipline. « Ca m’a beaucoup plu, et de fil en aiguille je m’y suis de plus en plus intéressé jusqu’au jour où on m’a proposé directement des missions. J’ai donc passé une formation de cordiste Irata, norme internationale qui me permet de pratiquer le métier » résume l’entrepreneur, qui administrativement s’est attaché un 2e code APE en plus de celui de formateur. « Du coup je vais sans doute conserver une activité de coaching en automne-hiver (lire l’encadré « Le champion reste coach »), et m’orienter vers les travaux en hauteur au printemps-été » planifie-t-il.
« Ce qui est incroyable, c’est que je suis arrivé à la corde par le vol: celui qui m’a proposé ça était quelqu’un à qui j’apprenais à voler en paramoteur ! »
Pascal Vallée
Métier de niche, l’activité de cordiste consiste à réaliser tous types de chantiers (en site naturel, sur des bâtiments ou des infrastructures) ayant pour point commun un accès difficile, là où échafaudages et nacelles ne passent pas, ou ne permettent pas de rentrer proprement la mission ! « Y’en a pas beaucoup mais y’en a! Chacun avec sa spécificité et ses enjeux de sécurité » souligne celui qui ne travaillera qu’en binôme (voire plus).
Qu’ils soient de « plein vide » (suspendu à une corde) ou de « plain-pied » (posé/sécurisé sur un élément en hauteur), les chantiers peuvent consister à laver des façades ou vitres, rénover ou démolir du bâti, élaguer des branches, sécuriser des routes ou « purger » toutes sortes de risques naturels, etc. « Chaque mission est par essence unique et sur-mesure. Je n’irai jamais me battre pour des missions où poser un échafaudage suffit… » prévient Pascal Vallée.
Sur le point d’accepter un chantier sur un bâtiment classé en plein centre-ville d’Amboise aux ruelles médiévales étroites, il résume: « Faire tout ce que les autres ne veulent ou ne peuvent pas faire ». En soulignant au passage l’aspect potentiellement interdisciplinaire du métier: « Maçons, piscinistes, électriciens, arboristes, ramoneurs, etc. : tous sont susceptibles de solliciter ponctuellement un cordiste en appui de leurs chantiers ».

A l’instar du code APE initial qui a été conservé, la structure commerciale du néo-cordiste conserve dans sa raison sociale son ADN de pilote: 3Six tout court devient ainsi 3Six Travaux en Hauteur. Si Pascal Vallée ne compte pas entrer de trois-six suspendu au bout de sa corde, le changement de pied se fait dans une continuité évidente : « Certaines entreprises qualifient le métier de « travaux acrobatiques ». Personnellement, je trouve qu’il y a un fil conducteur évident avec le vol: notions de sécurité, de précision, de maîtrise de la technique, de certification et de révision du matériel, etc. Beaucoup de corrélations au final, même si on ne vole pas. On ne peut jamais laisser la place à l’à-peu-près ! ».
« Les montants qu’on peut facturer sur ce genre de prestations permettent de faire du travail de qualité, et ça c’est important pour moi »
Pascal Vallée
S’il a décroché ses premiers chantiers à Périgueux (via un binôme cordiste ET paramotoriste…), et si son terrain de jeu pourrait théoriquement se déployer dans toute la France voire dans le monde entier, terrains qu’il a déjà largement parcouru du temps de son activité paramotoriste au top niveau, Vallée aspire à commencer humblement, par la Charente.
Précision, qualité et « refus de l’abattage » seront ses principaux critères de choix. « Et la faisabilité bien sûr, il pourra m’arriver de refuser des chantiers pour lesquels je ne me sentirai pas capable d’intervenir en sécurité ». Même si le but premier est de trouver des solutions à tous les problèmes, souligne le professionnel en citant l’exemple d’un démontage de cheminée effectué récemment rue Hergé à Angoulême.
Foncièrement indépendant dans l’âme, totalement revenu de la gestion de salariés (qu’il a pratiqué de surcroît AVANT le Covid…), Vallée a vocation à rester TNS, solo intervenant en essaim avec des homologues: « Ce que je veux, c’est me faire plaisir » résume celui qui a d’ores et déjà identifié un petit groupe de 3 – 4 collègues avec qui partager des missions. Une décennie en tant que « team leader » du pack France ne s’efface pas d’un coup de corde…
Contact
3Six Travaux en Hauteur
Pascal Vallée
07.48.16.32.39.
Le champion reste coach

Tout à sa reconversion, Pascal Vallée n’a du coup plus qu’un seul pilote paramoteur à breveter, avant d’arrêter totalement cette activité. Il continue en outre une activité de coaching en préparation mentale pour sportifs de haut niveau et chefs d’entreprise. « Je travaille avec toutes sortes de sportifs: paramotoristes et parapentistes bien-sûr mais aussi motards, cyclistes, golfeurs… Et des dirigeants d’entreprises de tous métiers » détaille celui qui compte ne conserver que cette activité parallèlement à son nouveau métier de cordiste.
Avec la sacro-sainte règle des 80/20 en matière de revenus: 80% pour les travaux en hauteur et 20% pour le coaching. « Pour la très bonne raison qu’en coaching, à l’instar d’autres métiers relevant de la psyché, si tu fais trop de volume, tu deviens mauvais », analyse celui qui « veut garder une part passionnelle dans tout ce que je fais », avec « la possibilité de choisir les gens que j’accompagne, ce qui en coaching est un aussi un gage de qualité ».